L'histoire du sida ne commence pas avec sa découverte en 1981. Elle débute aux alentours de 1921, quelque part entre les forêts du sud-Cameroun et le pool du fleuve Congo, dans les territoires contrôlés par la France et la Belgique. Elle implique un chimpanzé et un chasseur maladroit, des entreprises avides et une main-d'œuvre surexploitée, des médecins déterminés à éradiquer les endémies infectieuses d'Afrique centrale à travers des campagnes de lutte aussi ambitieuses qu'imprudemment menées, des hommes célibataires massés dans une ville-champignon gérée comme un camp de travail, des " femmes libres " sombrant dans une prostitution à haut risque alors que l'accession mouvementée de l'ex-Congo belge à l'indépendance en 1960 précipitait la débâcle économique du pays. Sans la conjonction tragique de ces circonstances et les péripéties ultérieures qui ont entraîné, via Haïti, l'exportation du pathogène puis la globalisation du VIH, l'infection d'un individu par ce virus d'origine simienne n'aurait, à l'instar de ses antécédents probables au cours des siècles, jamais enclenché une telle chaîne de transmission dans notre espèce. Fondé sur des recherches épidémiologiques et une enquête historique inédites, cet ouvrage retrace pour la première fois de manière probante l'enchaînement des événements qui ont conduit à la pire pandémie de l'époque récente. Près de quarante millions de morts plus tard, l'effarement que suscite la lecture de ce récit tient moins, rétrospectivement, à la nature imprévisible du désastre humain qu'il décrit qu'à son caractère évitable.
Infectiologue et épidémiologiste, Jacques Pépin a commencé sa carrière de médecin dans un hôpital de brousse du Zaïre avant de devenir professeur au Département de microbiologie et de maladies infectieuses de l'Université de Sherbrooke.
HYBRIDES - TRANSPLANTER DES ORGANES DE L'ANIMAL A L'HUMAINLa xénogreffe peut-elle vraiment constituer une solution face à la pénurie du don d'organes ? Est-il éthiquement possible de considérer les animaux comme un réservoir infini d'organes pour l'espèce humaine ? Ces pratiques ne vont-elles pas durablement brouiller les frontières entre espèces ? 1910, Paris : greffe de testicules de grands singes sur des hommes pour revitaliser la société. 1963, Louisiane : transplantation d'un rein de chimpanzé chez un patient afro-américain faute de dialyse possible. 1984, Californie : greffe d'un cœur de babouin chez un nouveau-né de 10 jours souffrant d'une anomalie congénitale.
Dans ces trois cas, les expérimentations de xénogreffes se sont soldées par des échecs. Ce geste chirurgical et thérapeutique, non content d'apparaître bien souvent comme inefficace, soulève par ailleurs un certain nombre d'interrogations : peut-on sous prétexte de soigner, mélanger à ce point humains et animaux ? La xénogreffe peut-elle vraiment constituer une solution face à la pénurie d'organes humains ? Les animaux peuvent-ils être considérés comme des réservoirs d'organes ? Revenant sur la pratique des chirurgiens-expérimentateurs tout au long du XXe siècle, Catherine Rémy essaie ainsi de comprendre leurs motivations : cherchent-ils seulement à soigner, ou bien à régénérer voire à transformer l'espèce humaine ? Les échecs successifs, réactions et résistances que la xénogreffe a suscités expliquent pourquoi elle continue d'inquiéter aujourd'hui. À travers une double enquête – historique et ethnographique, au sein d'un laboratoire expérimental toujours actif – Catherine Rémy nous introduit à cette pratique, promise à un bel avenir, et à ses praticiens.1,380/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2410001993099
LE CARE AU COEUR DE LA PANDEMIELa pandémie de COVID-19 témoigne à vif comment, dans nos sociétés modernes, les liens sociaux ont été fragilisés en mettant à nu la vulnérabilité de tous, de chacun et chacune. Nous avons aussi découvert collectivement comment le care, entendu dans l’un de ses sens, celui du prendre soin, était au cœur de tous nos liens sociaux et qu’il tissait la trame de notre société. Tout à coup, certains travailleurs essentiels, qui étaient souvent des travailleuses essentielles, sont devenues visibles et, parfois, reconnues. De nombreuses personnes, en revanche, se sont retrouvées dans des situations d’extrême vulnérabilité. Certaines institutions essentielles se sont avérées fragiles ou dysfonctionnelles. Pour faire face à ces ébranlements sociaux profonds, les gouvernements occidentaux se sont souvent tournés vers un techno-solutionnisme numérique et ils ont fait usage d’une rhétorique guerrière se voulant mobilisatrice. Cet ouvrage explore les facettes de ces vulnérabilités individuelle, collective et institutionnelle qui se sont manifestées pendant la pandémie. Il met en évidence comment le care, qui ne se limite pas à sa dimension de prendre soin, est à la fois ce qui nous a permis de tenir ensemble, mais aussi ce à quoi nous tenons. Les textes réunis interrogent à partir de la théorie du care différents enjeux cruciaux de la pandémie, en particulier, la crise de la responsabilité et de la démocratie, l’invisibilité du travail des femmes et des immigrants et immigrantes, la gestion des risques et les solutions numériques, le prendre soin face à la mort, la résilience collective.
LE DERNIER SOUFFLE - ACCOMPAGNER LA FIN DE VIE"Au Docteur Grange,Le dernier HOMME que j'aurai rencontré dans ma vie.Je suis arrivé dans son hôpital déjà serein, mais peut-être encore troublé. Dès les premiers mots, il a su me rappeler les termes - ou plutôt le terme - de la condition humaine, avec assez de délicatesse pour que je retrouve immédiatement ma joie de vivre, si courte que l'on puisse en fixer l'échéance.Obtenir des malades qu'ils meurent joyeux parce que confiants n'est pas donné à tout le monde. Demandez-lui le secret, il le possède."Pierre Sanguinetti 750/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2312271890001