
Ce bel ouvrage d'art alternant essais et illustrations pleine page propose une plongée dans le monde des plus prestigieux repas officiels de la République, ceux organisés depuis 1871 par la Présidence à l'Élysée pour ses hôtes étrangers. Véritable démonstration de l'art de la table à la française, un dîner d'État met également en oeuvre un spectaculaire cérémonial politique et Diplomatique. On découvrira, souvent photographiés et publiés pour la première fois, les objets de table conservés à l'Élysée, dont les plus anciens services remontent à l'Empire et sont encore utilisés aujourd'hui. Ce patrimoine exceptionnel n'a cessé d'être entretenu, utilisé, grâce à des savoir-faire et à des métiers eux aussi préservés et transmis : lingères, argentiers, ébénistes, tapissiers, maîtres d'hôtels veillent sur ce patrimoine mis, à l'occasion des dîners d'Etat, tout entier au service de l'image de la France. Porcelaine de Sèvres, cristallerie de Saint-Louis et de Baccarat, argenterie des Maisons Puiforcat et Christofle, linge brodé d'or dans les plus grandes maisons parisiennes s'unissent en un ensemble déclinant, de façon presque immuable depuis plus de 130 ans, la table à la française. Des services contemporains ont en outre été commandés à la Manufacture de Sèvres depuis les années 1970, dont le Service du Millénaire confié à Philippe Favier et publié pour la première fois. La mise en oeuvre des dîners d'État respecte un cérémonial précis, quasiment inchangé depuis la IIIème République, illustré grâce à de nombreux documents (plans de table souvent spectaculaires jusqu'à 250 couverts, invitations et recommandations aux invités, reportages photographiques inédits des années 1950, gravures, manuscrits) : accueil de l'hôte, présentation des invités, cortège, toasts, enfin partage du repas lui-même suivi de divertissements musicaux ou théâtraux. Chacune de ces étapes est soigneusement réglée par le protocole, chaque détail participant à un ensemble où la perfection est de rigueur et où l'on recherche un équilibre entre la démonstration de l'excellence de la table française et la volonté d'honorer l'hôte illustre du jour et le pays qu'il représente, à travers des choix subtils de décor ou d'ingrédients. Les menus font l'objet d'un chapitre de l'ouvrage, supports d'une iconographie souvent allégorique des relations internationales jusqu'à la Première Guerre Mondiale, signés des plus grands peintres et illustrateurs de l'époque, véritables chefs d'oeuvre lithographiés, aquarellés ou estampés. Ils constituent aussi les principaux documents permettant de restituer l'évolution de la gastronomie à l'Élysée, depuis les menus de 20 plats de Félix Faure jusqu'aux 5 plats fromage compris de la Ve République, les uns comme les autres alliant mets et vins rares en une table qui se joue des modes.



|