
Accroche a mon pere, la tete enfouie dans son dos, je sens la chaleur de nos corps par-dela nos manteaux. Le bruit du moteur de la Vespa, le froid qui pique les yeux. Les yeux qui voient la rue telle qu'elle est certains matins d'hiver, blanche et glissante. Puis se ferment. Pas pour dormir, mais pour arreter l'instant, retourner dans le ventre de son pere, garder l'image un soi, comme une reference, un mode d'emploi pour restituer ce sentiment de bonheur. Mais tout defile a l'exterieur, tout avance et tout bouge, les roues de la Vespa sur les paves brillants, la grande aiguille de l'horloge de l'usine Amora qui frise la demie alors que la petite a empale le huit. Tour avance et tout bouge, meme mon coeur se souleve, tout chahute par le melange des odeurs de moutarde et de chocolat qui s'echappent des usines que nous croisons. Et puis, au loin, la menace sombre des hauts murs de Saint-Stanislas. Non, je n'avais pas reve, c'etait bien a cette ecole que nous allions. ? Premieres amours, premier chagrin, premier mensonge, Dany et ses dix ans curieux... Quatre nouvelles au parfum d'enfance, entre Paris et Avignon, la rue Monge et l'eglise Sainte-Agricole. Et ces visages presque effaces, Mireille, Pepe Gaston, le vieux Pito... Un instant delicieux en compagnie de Daniel Auteuil, un bonheur en pate feuilletee illustre par la plume delicate de Sempe.
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