
Les nuits du chevalier de Saint-Georges, celebre maitre d’escrime, de guerre et de musique, sont plus qu’agitees. En cette annee 1799, il approche de la fin de sa vie et fait toujours le meme cauchemar : un duel contre une femme, qu’une force obscure le contraint a laisser gagner. Au reveil, le songe rendosse sa vraie nature de souvenir et Saint-Georges revoit la chevaliere d’Eon a qui il a du, douze ans plus tot, a la demande du non moins renomme Beaumarchais, ceder la victoire. C’est cet episode honteux que le dramaturge a d’ailleurs decide de mettre en scene dans une piece a laquelle il invite le chevalier. Seul detail : Beaumarchais meurt avant que Saint-Georges ne decouvre l’ignominie. Et cet autre : l’actrice incarnant la chevaliere d’Eon se trouve etre la douce Jeanne qui berce son coeur (et le roman) d’une langueur dangereuse.
Fidele au style endiable qui lui a valu le succes (Le Champ de personne, Grand prix des lectrices de Elle, L’Enfant Leopard, Prix Renaudot), Picouly nous entraine dans une folle histoire d’amour et de vengeance menee a grands coups de cape et de fleuret. Mais pas seulement. Il dresse aussi l’intimiste et bouleversant portrait du chevalier noir, lequel choisit jusqu’au bout l’action et le panache comme antidotes a la vieillesse et a la maladie. --Laure Anciel
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