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編號:111300242
書名:PROUST FACE L'HERITAGE DU XIXE SIECLE. TRADITION ET METAMORPHOSE
作者:MAURIAC DYER NATHAL, KAZUYOSHI YOSHIKAWA ET PIERRE-EDMOND ROBERT
出版社:PRESSES DE LA SORBONNE NOUVELLE EDITIONS - SORBONNE PSN
ISBN:2878545664
條碼:9782878545661
出版年:2012/06/15
商品形式:Broch
尺寸:
重量:448
頁數:270 pages
台幣定價:1,470
Precommande 開放預購中 會員價:1,470 元 數量: 加入購物車

S'il est acquis que Proust est ?entre deux siecles?, comme l'a dit Antoine Compagnon, cet ouvrage entend clairement replacer l'ecrivain face au siecle qui l'a vu naitre.
En effet, la majeure partie de son ouvre depuis Les Plaisirs et les jours reste a bien des egards plongee dans, et tournee vers, le XIXe siecle. Vingt-deux contributions detaillent ce tropisme determinant. Fut-ce sous la forme de la parodie (Sainte-Beuve) ou du pastiche (Goncourt), l'hommage aux grandes figures tutelaires se confirme (Balzac, Flaubert, Baudelaire, Vigny, Tolstoi, Stendhal). La genese de la critique revele d'autres dettes, qui conduisent a reevaluer en partie l'originalite de Proust : critique de Leconte de Lisle et de Flaubert, critique musicale autour de ?la bande a Franck?, critique d'art aussi, qui s'emancipe de la tradition des Salons, cependant qu'on est amene a s'interroger sur certaines lacunes d'un pantheon artistique ou Courbet, par exemple, fait defaut. Critique de la Cite, enfin : on revient sur l'affaire Dreyfus et le traitement romanesque de l'antijudaisme, pour remettre, avec Proust, le XIXe siecle dans une ?longue duree? defiant toute periodisation.
 
Nathalie Mauriac Dyer est directeur de recherche au CARS ; elle est responsable de l'equipe "Proust de l'ITEM et dirige le Bulletin d'Informations proustiennes. Specialiste de genetique textuelle, elle pilote l'edition des cahiers de brouillon de la BnF (Brepols). Kazuyoshi Yoshikawa est professeur emerite de l'Universite de Kyoto et president de la Societe japonaise de langue et litterature francaises ; il a publie entre autres Proust et l'art pictural (Champion, 2010) et une nouvelle traduction de la Recherche en japonais (3 volumes parus chez Iwanami). Pierre-Edmond Robert est professeur a l'Universite Sorbonne nouvelle-Paris 3 ; il a collabore a la reedition de la Recherche du temps perdu dans la "Bibliothegtee de la Pleiade" et il collabore a l'edition des ,75 cahiers de la BnF.

Extrait de l'introduction

Les Editeurs

Quand le dix-neuvieme siecle s'acheve-t-il ?

Si l'on repond, comme les historiens de la litterature dans leurs manuels : en 1914 (comme le dix-huitieme en 1815, et le dix-septieme en 1715), on pourra y faire entrer, au moins chronologiquement, le premier volume de la Recherche du temps perdu dont la conclusion evoque le Bois de Boulogne, ?cette annee?, c'est-a-dire 1913, annee de la parution de Du cote de chez Swann. Et si l'on suit les cycles de prosperite economique reperes par le russe Kondratieff, Proust aurait vecu la premiere partie de sa vie dans la ?Grande depression?, autrement dit le dernier cycle du XIXe siecle, courant de la defaite de 1870 a 1895 ; et la deuxieme partie, qui est aussi sa periode creatrice, aurait coincide avec le cycle d'expansion economique ouvrant le XXe siecle (1896-1919). Mais c'est imposer les divisions de l'histoire aux rythmes de l'art, ce que Proust recuse, comme il recuse ?les partis et les ecoles? litteraires dont la ?logomachie se renouvelle de dix ans en dix ans?. Les limites, les ?tournants?, les ?lignes de fracture? des historiens se definissent a partir d'evenements exterieurs : un changement de regime politique, la fin d'une guerre, le debut d'une autre. Proust contredit meme ceux qui affirmaient alors que la guerre de 1914-1918 marquait une telle rupture qu'elle eloignait definitivement son avant-guerre. Il n'en est rien pour lui ; on lit dans Le Temps retrouve : ?[...] c'etait une des idees les plus a la mode de dire que l'avant-guerre etait separe de la guerre par quelque chose d'aussi profond, simulant autant de duree, qu'une periode geologique |...|?.

Proust est-il un ecrivain du dix-neuvieme siecle ?

A cette question, les intervenants des colloques de Kyoto et de Paris ont repondu selon leurs domaines et leurs points de vue. Si le XXe siecle commence avec Joyce, les cubistes et les dodecaphonistes, comme le disent les syntheses historiques qui ne tiennent pas compte des permanences, aussi bien dans la creation que dans la reception ou les reperes connus sont indispensables a l'intelligibilite des oeuvres nouvelles, l'univers de la Recherche du temps perdu est essentiellement celui du XIXe siecle : comme le montre Tomoko Woo, le fait etait deja sensible a ses premiers critiques. Le XIXe siecle de Proust, c'est par excellence le XIXe siecle des romanciers : Balzac, Stendhal, Tolstoi, ce qu'ont rappele Mariolina Bertini, Pierre-Louis Rey et Hiroya Sakamoto, le Flaubert de l'Education sentimentale, voire le Journal des Goncourt, comme on le lira dans les contributions de Mireille Naturel et d'Annick Bouillaguet, ainsi que dans celle d'Akio Wada, qui revient sur la genese critique du grand article sur le style. C'est aussi celui des poetes : Chizu Nakano rappelle l'importance du Joseph Delorme de Sainte-Beuve ; Jean-Yves Tadie souligne que Baudelaire est la reference majeure, un Baudelaire qui, comme le montre Julie Andre, dialogue avec Vigny dans les brouillons ; Yasue Kato y examine la critique de Leconte de Lisle et ses sources. Quant aux Plaisirs et les jours, ce premier ouvrage du jeune Proust, c'est autant un panorama du XIXe siecle finissant que l'anticipation de l'oeuvre a venir, comme le suggerent Pierre-Edmond Robert et Keiichi Tsumori : Proust se detache du decadentisme et du symbolisme pour aborder en 1895 au ?naturisme?, ou vitalisme - on pourrait dire que, des ce moment-la, il rejoint le XXe siecle, a moins que ce ne soit vers 1909-1910, lorsqu'il prend ses distances, comme le montre Hidehiko Yuzawa, avec l'idealisme schellingien de ses debuts. Du cote des arts, Kazuyoshi Yoshikawa etablit que Proust a prefere la critique d'art professionnelle et erudite du siecle nouveau a la tradition litteraire des Salons, et Kunihiro Arahara qu'il est meme intervenu dans le debat museographique de l'apres-guerre autour du Louvre. Certes, dans la Recherche, la peinture la plus recente est celle des Impressionnistes, le cubisme est a peine mentionne et chez les musiciens, on ne va pas au-dela de Debussy. Le baron de Charlus, a la fois tenant du passe et precurseur d'une modernite paradoxale, est, dans sa genese meme, precisee par Laurence Teyssandier, le personnage emblematique de ces contradictions. S'il convient d'etudier les contextes sociaux et politiques - ce que font Cecile Leblanc pour la musique et Eri Wada pour l'affaire Dreyfus -, la periodisation retenue se revele parfois trop etroite, comme le suggerent Yuji Murakami et Nathalie Mauriac Dyer autour de quelques topoi qui excedent largement les limites du XIXe siecle. A moins qu'elle ne soit trop vaste : le XIXe siecle artistique de Proust, ce sont aussi de surprenantes lacunes - l'absence de Courbet, par exemple - que questionne Antoine Compagnon.
Vingt-deux articles composent cet ensemble ou se croisent et s'accordent diverses perspectives : l'histoire des idees, des arts et des lettres, la critique genetique. La multiplicite des approches et des sujets restitue la complexite de la question abordee qui trouve ici quelques-unes de ses reponses.